Avec 180 adhérents en trois mois d'existence, il est temps de sortir de l'ombre et d'expliquer clairement à nos différents publics et interlocuteurs ce que nous sommes, pourquoi nous nous sommes réunis, et comment nous comptons agir.
Notre volonté est d'offrir un espace de réflexion et de discussion aux agents expatriés du service public, ou à ceux qui ont vocation à le (re)devenir, afin de se présenter en tant que force de proposition auprès des décideurs politiques. L'organisation et les réformes de notre administration, et par là même, la vie des agents qui la font vivre, sont trop souvent décidées par des acteurs qui ne connaissent de notre travail au quotidien que ce qu'on veut bien leur en dire, ce qui passe par les filtres successifs d'analyses et de synthèses de personnes chaque fois un peu plus éloignées de nos réalités, et souvent ayant des intérêts en contradiction avec les nôtres.
Nous nous proposons de mieux décrire ces réalités, et de présenter des solutions pour améliorer à la fois la qualité du service rendu et les conditions de vie de ceux qui ont décidé d'y consacrer la plus grande partie de leur vie professionnelle.
On nous montre du doigt comme étant un corps de fonctionnaires réfractaire au changement (voir l'article du 4 décembre dans le Figaro), et pourtant... Le Ministère des Affaires étrangères et européennes à fait preuve d'une capacité d'adaptation au cours des dix dernières années dont peu d'autres administrations peuvent se targuer : absorber le Ministère de la Coopération, refondre le réseau culturel, dépoussièrer les corps et le recrutement, développer une nouvelle politique de formation (création de l'Institut diplomatique et de l'Institut de Formation à l'Administration consulaire), moderniser les méthodes de travail, tout en appréhendant un monde en mouvement et en supprimant des effectifs (10% selon notre Ministre), et j'en oublie... D'agent spécialisé, beaucoup d'entre nous sont à présent devenus capables d'assurer un grand nombre de métiers différents grâce à une remise en cause professionnelle constante.
Malgré tout, nous aurions pu faire mieux...
Nombre d'entre nous ont travaillé, souvent en collaboration avec les postes à l'étranger, à l'élaboration de propositions destinées à encore améliorer notre fonctionnement administratif. Ces projets (réforme des indemnités de résidence, des billets prépayés...), préparés par les intéressés, sont restés lettre morte face aux réticences d'autres administrations, ou même de notre hiérarchie, pour des causes d'agenda, de sclérose administrative, de problèmes d'arrêtés moyenâgeux. D'autres projets sont imposés, tel le regroupement sur le "site unique" du MAEE, sans tenir compte des opinions des agents, sans dialogue (et oui, dialoguer, c'est aussi écouter...). On le sait, c'est en partie le mal français : les réformes doivent venir "d'en haut" pour être appliquées, suivant des dogmes ("il faut moins de fonctionnaires", "ils sont trop payés...") et sans concertation. Et c'est nous qui sommes taxés de conservatisme ?
Nous l'avons déjà écrit, mais il est important de le souligner une nouvelle fois, l'association n'a pas vocation à devenir un énième syndicat corporatiste ou rattaché à une centrale nationale. L'association est apolitique. Nous ne nous présentons pas dans une logique de confrontation avec notre administration, mais bien dans l'idée que tous (agents et leurs représentants, syndicats, administration...) peuvent travailler ensemble pour proposer des solutions aux demandes, parfois légitimes, qui nous sont faites de toujours mieux faire avec moins de moyens.
Les moyens d'action à notre disposition sont nombreux. Outre l'utilisation intensive du lobbying pour alerter et proposer à tous niveaux (administratif, politique, médiatique...), nous n'excluons pas la participation aux organes de dialogue et de consultation existants là où c'est possible. L'organisation d'actions diverses pour faire valoir nos points de vue peut également être une alternative.
Pour rétablir une vérité et couper court aux suppositions, le but de l'association n'est pas la grève. Pourtant, l'espace offert, notamment par le biais du forum en ligne, à ses adhérents peut être le lieu de réflexion et d'organisation des actions voulues par ses membres. Nous nous en ferons alors l'écho.
Si nous sommes principalement issus du Ministère des Affaires étrangères et européennes, nous proposons à tous de nous rejoindre : expatriés pour le service public, sans distinction d'administration, ou fonctionnaires en métropole souhaitant (re)partir à l'étranger pour pratiquer leurs métiers tout en représentant la France. Ensemble nous pourrons porter un message pour faire prendre conscience au plus haut niveau des pouvoirs politiques et publics de l'amère déception d'une grande partie des personnes ayant fait ce choix de carrière, des dysfonctionnements constatés chaque jour par beaucoup d'entre nous, de la nécessité, simplement, de réintégrer le facteur humain dans la gestion et le sens du service public dans les politiques menées.



Profession de foi

