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Lettre ouverte au Ministre

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LETTRE OUVERTE

 

                                                               Washington, le 17 février 2010

  

Monsieur le Ministre,

 

Suite aux deux suppressions supplémentaires et non concertées de deux postes d’agents expatriés à Washington, les agents de l’Ambassade  qui m’ont élue et m’ont demandé de les représenter, souhaitent aujourd’hui que je vous écrive.

 

Sans consultation ou accord de notre hiérarchie ici à Washington, sans même d’une invitation à la réfléxion des partenaires sociaux, c'est-à-dire les six personnes élues pour représenter les agents expatriés, dont je fais partie, deux postes d’agents expatriés sont simplement supprimés à l’été, remplacés par des agents de recrutement local.

 

Outre la diminution de notre bassin d'emploi pour réaliser des économies toutes relatives (aucun ETP de gagné, mais de nouvelles obligations créées pour le ministère dans un pays où chaque agent de recrutement local coûte cher), le problème majeur est  que les tâches de ces agents les amenent à utiliser des informations sensibles, et qu’il sera donc impossible que des agents recrutés localement, et donc sans habilitation secret défense d’aucune sorte, ne les remplacent pleinement.

Il faudra donc que notre hiérachie change les attributions des agents expatriés déjà sur place ou arrivant à l’été, qui seront eux mis devant le fait accompli de nouvelles fiches de poste pour lesquelles ils n’ont pas postulé.

 

Les agents de Washington souhaitent vous faire savoir que la politique de RGPP n’est pas ici contestée, que si 700 postes doivent être supprimés d’ici 2012, tout le monde est d’accord pour aider à une meilleure gestion des finances publiques.

 

 

Des agents ont même des idées pour faire baisser les dépenses, si on voulait bien les écouter.

 

Mais  il serait fortement souhaitable que cela soit fait en collaboration avec les agents des postes concernés, et non décidé depuis Paris d’où tous les aspects de la situation du poste ne pourront pas être gérés à distance. Est-ce que Paris prévoit aussi de gérer les conséquences de ses décisions ?

 

Dans la même optique, de nombreux collègues à travers le monde m’informent que si les élections du mois de mars ont bien eu lieu dans leurs postes, aucun dialogue social n’a suivi.

 

La décision de l’administration d’ouvrir le dialogue, d’essayer de faire progresser la gestion de conflits et d’avancer vers une meilleure communication interne est ici mise à mal et même soumise à des interrogations sur leur bien fondé, car les agents de part le monde commencent à penser qu’ils ont été abusés par une administration qui leur laisse croire qu’ils vont participer à la gestion de leur travail, et l’avenir de leurs métiers, quand au final le dialogue n’existe pas, ou à peine, à part sur le papier.

 

A Washington notre hiérarchie dialogue avec les représentants du personnel.

 

Je n’hésite pas à dire que dans certains cas, dans d’autres postes, les représentants du personnel sont insultés.

 

J’espère, Monsieur le Ministre que vous pourrez nous aider à rétablir un lien rompu dans de nombreux postes et avec notre administration centrale, car le dialogue social reste essentiel au bon fonctionnement de ce Ministère, spécialement en temps de crise.

 

Je  suis à votre disposition pour répondre à toute question.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes sincères salutations.

 

 

 

Sandra Saldana

Représentante (non-syndiquée) du personnel expatrié

Ambassade de France à Washington

Co-fondatrice du Mouvement des agents expatriés du service public

www.mae-sp.org

Mise à jour le Jeudi, 06 Mai 2010 19:06