Compte rendu rencontre avec M. Bruno Perdu
Olivier Esposito et moi avons rencontré hier mardi 4 mai , à notre demande, M. Bruno Perdu, Sous-Directeur de la politique des ressources humaines.
M. Perdu est responsable du "dialogue social", nous avions donc quelques points précis à discuter.
La partie la plus longue de l'entretien a bien sûr été axée sur le sujet brûlant des suppressions de postes.
Le chiffre de presque 1300 postes supprimés au total (au lieu des 700 du départ) dont nous parlions il y a quelques semaines a été confimé par M. Perdu.
Malheureusement, M. Perdu a évoqué "le rouleau compresseur de Bercy" , et précisé que les décisions sont prises à l'Elysée qui suit directement l'application de la réforme par notre ministère. Malgrè toute sa bonne volonté, et celle de son équipe entièrement dévouée à la tâche, il doit rendre les postes demandés.
Nous avions le sentiment que Washington et le réseau US avaient produit l'effort attendu car les réunions de l'an dernier présidées par l'Ambassadeur avaient conclus sur le fait que nous avions "rendu le nombre de postes demandés".
Et bien pas du tout: il s'avère que certains postes de cette liste (6 au total) étaient des postes " non pourvus " et que donc, ils ne peuvent pas être décomptés (quid des lignes budgétaires de ces postes?) . Donc il faudra en rendre plus que ce qui nous était annoncé l'an dernier, sans compter les conséquences de la RGPP 2 à venir.
Nous avons protesté du fait que les décisions de suppressions sont faites sans que ni les chefs des services concernés, ni même le Chef de Poste n'avaient été consultés ici . M. Perdu nous a répondu qu'il n'a pas le temps de consulter qui que ce soit sur place, et que s'il le faisait, le poste allait essayer de négocier à la baisse et que de toutes façons, il fa llait rendre les ETP , donc à quoi bon...(et à quoi bon en parler aux représentants du personnel???) .
Nos remarques sur le fait que le choix de l'emploi à supprimer pour "rentrer dans des cases" se faisait de façon subjective sans "connaissance de terrain" si décidé uniquement depuis Paris et sans consulter le poste sur place , ont été écarté e s d'un revers de main puisqu'il semble que ce ne soit pas là le problème.
Il nous reste donc à espérer que la réorganisation des services qui suivra ces transformations pourra se faire dans le respect du dialogue social local.
Nous comprenons aussi que "la DRH est un service chargé dont les agents travaillent tous les jours jusqu'à 22h, qu'ils n'ont pas le temps de dialoguer avec les postes à l'étranger car ils brassent des milliers d'emails par jour". Ce service connait donc la même tension que nos collègues en sous-effectifs partout dans le monde, avec la désorganisation complète qui s'en suit. Ce n'est pas rassurant.
Ensuite, nous avons parlé des affectations très tardives vers Paris ou Nantes, qui pénalisent les familles qui doivent inscrire leurs enfants à l'école, ainsi que le fait que la DRH ne répond pas aux demandes des agents par mail.
Ces questions n'ont pas trouvé de réponse. Nous avons évoqué l'idée que la DRH, puisqu'elle met en place de façon relativement unilatérale les règles en matière de mutation et d'affectation, puisse également avoir des obligations envers les agents (respect d'un calendrier notamment). M. Perdu a semblé surpris qu'on puisse même évoquer la notion d'obligation pour la DRH .
Nous avons aussi évoqué notre analyse, un an après les élections, de l'inutilité d'un dialogue social pour les expatriés au niveau local, puisque les questions qui sont relayées à Paris par TD , après les réunions, n'ont jamais reçu de réponses..... M. Perdu ne partage pas notre sentiment, même s'il le comprend, et trouve pour sa part que la mise en place de cette structure de dialogue, bien que jeune, a permis de grands progrès. Nous attendons avec impatience la communication de la DRH sur ce sujet, un bilan après plus d'un an d'existence serait le bienvenu.
Un dialogue social pour les recrutés locaux a par contre toute sa place puisque la majorité des points peut être traitée par le poste directement.
Lorsque j'ai d'ailleurs souligné qu'il était anormal que nos collègues recrutés locaux, parfois employés par l'ambassade depuis plusieurs décades, doivent tout de même chaque année signer un nouveau contrat de travail , M. Perdu nous a clairement fait comprendre qu'avec toutes les suppressions de postes en cours et à venir, il n'est pas question de CDI ou même de contrats plus longs , car les suppressions de postes seraient alors plus compliquées. ....
Pour conclure:
A force de plus se soucier de la taille des effectifs (ambassades et consulats) que de leurs missions, il est évident que la qualité du service rendu aux français expatriés se détériore, avant que le service en lui-même ne disparaisse. Il est évident également que les agents qui ont choisi la carrière MAEE par vocation et pour servir à l'étranger , devraient commencer à penser à une reconversion . Car M. Perdu , qui n'envisage rien mettre en place pour l'aide à la mobilité des C et B, nous l'a dit : "ce n'est que le début"... Lorsqu'on lui demande, au lieu de marteler un discours défaitiste déjà connu et entendu, de nous donner des raisons de continuer, M. Perdu dit se refuser à mentir aux agents. C'est tout à son honneur.
Sandra SALDANA
Représentante (non syndiquée) du personnel expatrié
Ambassade France à Washington
Co-fondatrice





